De Gina Mohammed, Ph.D.
L’un de mes plus grands plaisirs dans la vie est une grande tasse de thé fumant sucré au miel doré. Avec ce réconfort entre les mains, je peux m’attaquer à n’importe quoi – ou alors ne rien faire du tout en le dégustant. Mais ce qui adoucit vraiment le thé, c’est de savoir que le miel dans mon thé est au travail même si je n’y suis pas. Dans cet or liquide, je trouve une source d’anti-oxydants, une aide digestive, un désintoxiquant et même un baume apaisant pour les blessures, le tout intégré à un délicieux breuvage.
Le miel est le nec plus ultra dans les produits dérivés des plantes. Issu d’une alliance ingénieuse entre le royaume animal et le royaume des plantes, le miel produit une gamme diverse d’éléments phytochimiques dans un seul emballage. Cette générosité est due à la courtoisie et à la diligence des abeilles qui visitent quelques deux millions de fleurs pour fabriquer juste 500 grammes de miel.
Histoire du miel
Depuis des temps immémoriaux, les gens utilisent le miel comme médicament. Hypocrate le recommandait pour être en excellente santé. Les Egyptiens, et de nombreux peuples depuis, l’utilisaient comme traitement pour les blessures. Des textes anciens proclamaient que le miel était souverain pour les douleurs des yeux et était un fortifiant pour les problèmes du cœur, des reins, du foie et des poumons. Aujourd’hui, le miel associé au citron est encore très utilisé pour les rhumes et les maux de gorge.
De nos jours, nous découvrons beaucoup de choses sur la nature du miel et ses actions. Par exemple, il aide réellement à guérir les blessures. Une étude clinique aléatoire publiée dans le journal Burns a découvert que le miel soulage les blessures superficielles plus efficacement et plus rapidement, et avec moins d’inflammation, qu’un traitement standard de sulfadiazine d’argent. Le miel aide les blessures de plusieurs manières. Sa viscosité élevée empêche l’infection ; son sucre retire la lymphe de la blessure ; il stimule la formation de nouveaux capillaires et de tissus conjonctifs ; et il est anti-inflammatoire et anti-bactérien. Une étude récente a trouvé que la bactérie Staphylococcus aureus résistante aux antibiotiques, qui peut infecter les blessures, succombe facilement au miel.
Un allié antibactérien
La plupart des miels communs tirent leur pouvoir antibactérien du péroxyde d’hydrogène, produit par une enzyme naturellement présente dans le miel. Mais d’autres – notamment le Leptospermum venant de Nouvelle Zélande et d’Australie - combattent les bactéries avec des composants mystérieux qui ne sont pas des péroxydes. Les miels de Leptospermum sont maintenant approuvés comme des miels thérapeuthiques par l’Australian Therapeutic Goods Administration et sont commercialisés sous des noms tels que Medihoney et Active Manuka honey.
Mais le miel n’est pas hostile à toutes les bactéries. Des scientifiques universitaires l’ont ajouté à des produits laitiers fermentés et ont découvert que le miel favorisait la croissance, l’activité et la viabilité de certaines bifidobactéries, des bactéries qui aideraient à garder un appareil gastroinstestinal sain. Les produits laitiers fermentés sont utilisés pour fournir des bifidobactéries à l’appareil gastrointestinal, mais la résistance microbienne des produits est souvent diminuée durant le traitement en laiterie et le stockage. Les chercheurs suggèrent que cela pourrait faire du miel un édulcorant de choix dans de nombreux aliments. Les glucides fermentables du miel, y compris les oligosaccharides, sont peut-être à l’origine de cette action.
Pouvoir anti-oxydant
Le miel contient également d’innombrables anti-oxydants. Ceux-ci sont composés d’une série de composants phénoliques (produits chimiques à base de plantes), de peptides, d’acides organiques, d’enzymes et d’autres composants agissant de concert. Par exemple, la pinocembrine (qui est un flavonoïde) est unique dans le miel et dépasse les autres anti-oxydants en concentration.
D’après une étude publiée dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry, nous savons maintenant que l’activité anti-oxydante du miel est comparable à celle de nombreux fruits et légumes en se basant sur le poids à l’état frais. Et comme vous n’allez probablement pas dévorer une tasse de miel au lieu de manger du brocoli, le liquide doré peut être une alternative respectable au sucre et une manière agréable de compléter votre régime avec des anti-oxydants. Des chercheurs universitaires ont étudié 25 hommes en bonne santé qui ont consommé différentes combinaisons d’eau chaude, de miel de sarrasin, de thé noir et de sucre. Ils ont découvert que la capacité anti-oxydante du sérum augmentait de 7 pour cent dans les deux heures suivant l’ingestion de 2 tasses d’eau chaude contenant environ 4 cuillères à soupe de miel. Ces anti-oxydants peuvent aussi aider vos artères : Le miel réduit l’oxydation des lipoprotéines faibles en densité (connues sous le nom de « mauvais » cholestérol), un bienfait qui empêche probablement le développement de l’athérosclérose.
La couleur du miel fait allusion à sa capacité anti-oxydante. La règle est : plus il est foncé, mieux c’est. Par exemple, le miel de sarrasin a une force anti-oxydante 5,5 fois plus importante que la variété acacia très légère, et d’autres miels de couleur intermédiaire se trouvent entre les deux. Mais les règles peuvent être enfreintes. Un chercheur a découvert que le miel de mélilot, quoique assez léger, était riche en anti-oxydants alors qu’un miel de prosopis sombre était relativement pauvre. Les autres facteurs qui peuvent influencer la teneur anti-oxydante, notamment au sein d’une espèce, sont le climat, le sol, le traitement, la manipulation et le stockage. La couleur indique aussi la teneur en minéraux, qui se situe entre 0,04 pour cent dans les miels pâles et 0,2 pour cent dans certains miels sombres.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. La pinostrobine, un autre flavonoïde du miel, est apparemment un inducteur puissant de certains enzymes qui désactivent les carcinogènes. Connus sous le nom d’enzymes de détoxication de mammifère de phase 2, ils aident à détruire les centres de réactions des carcinogènes ou aident à les éliminer du corps. Les chercheurs faisant leur compte-rendu dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry ont testé 35 miels et ont découvert qu’ils augmentaient tous l’activité des enzymes, le miel de sarrasin se trouvant en haut de la liste. (Mais notez que les légumes crucifères étaient des inducteurs 10 fois plus puissants que le miel de sarrasin.)
Ces bienfaits font du miel le roi des édulcorants et encouragent à essayer ses multiples variétés.
Utilisez le miel en toute sécurité
Ne faites pas manger de miel (même du miel pasteurisé) à des enfants de moins d’un an, car le miel peut contenir l’agent du botulisme, le Clostridium botulinum. La bactérie, bien qu’inactive dans le miel, peut se multiplier dans le système digestif non développé du bébé. Si vous êtes enceinte ou si vous allaitez, consultez votre médecin avant d’utiliser du miel.
Obtenir le meilleur miel
Le miel peut être dégradé par une trop grande chaleur, ce qui détruit ses propriétés antibactériennes. La pasteurisation, dans laquelle le miel est soumis à un traitement thermique pour empêcher la fermentation des levures et retarder la cristallisation, pose donc des problèmes. Le miel fouetté peut aussi être problématique dans la mesure où une méthode de double chauffage est généralement utilisée pour produire ces produits tartinables. Toutefois, l’impact du traitement thermique et du filtrage sur la capacité anti-oxydante du miel n’est pas bien compris. Certains anti-oxydants peuvent être détruits et d’autres créés. La température de stockage et le pot contenant le miel peuvent aussi avoir des effets complexes. Il est conseillé de stocker le miel soit au-dessous de 11 degrés Celsius ou à une température de 21 à 26 degrés Celsius, dans des récipients étanches à l’air.
On peut trouver du miel déclaré biologique, mais il est presque impossible de garantir que le butinage des abeilles ne sera pas contaminé par du pollen non biologique car il peut être contaminé soit par le vent soit par le déplacement des abeilles.
Récemment, il y a eu un problème de contamination du miel en vrac importé de Chine avec du chloramphénicol, un antibiotique humain potentiellement nocif qui peut provoquer de l’anémie aplastique. Le miel chinois ou ses mélanges ont été rappelés et sont détenus par les douanes canadiennes et américaines si ils contiennent cet antibiotique.
Gina Mohammed, Ph.D. mohammed@onlink.netest phytophysiologiste. Elle est l’auteur de Catnip and Kerosene Grass — What Plants Teach Us About Life (Candlenut Books, 2002).
© Herbs for Health/Ogden Publications, Inc. Tous droits réservés. Tiré du magazine www.herbsforhealth.com
Les informations ci-dessus ne font pas référence aux produits Palmolive.

